jeudi 5 juin 2008

L'estéthique de "l'Obscéne".

Sur fond de valeurs démocratiques (creuses) et d'humanisme de façade, les pourfendeurs de l'"Obscénité" festoient sur un amoncellement de corps agonisants. Autant d'hommes et de femmes, heureux de l'étrange confort dans lequel ils sont. Après la rédemption d'un bon nombre de soixante huitard, c'est à nous de céder sous le joug du conformisme. C'est pourquoi, motivé par la tyrannie du consensus, j'ai pensée faire l'éloge d'un auteur truculent, séditieux, cruel et sanguinaire, et pourtant, porte-parole d'un humanisme qui n'a pour limite que la raison.

Certainement un profond malade mental, le Marquis de Sade n'en ait pas moins un auteur incontournable. Né en 1740, décédé en 1814, il passa les deux tiers de sa vie en prison. Écrivain au style romanesque, il assène le lecteur de vérités dont le réel se charge de nous prouver la véracité. Évidemment, ses livres furent censurés pour leur caractère grivois et immoral. Maintenant à la disposition de tout le monde, plus personne n'y prête attention. La pensée unique fête sa victoire, elle se gargarise de la docilité de ses sujets. Auteur subversif, majestueux, criminel, il a été frappé de discorde, car trop en avance dans son temps. Ainsi; Rousseau, en son temps, reçu des jets de cailloux, Nietzsch fut taxé de fou, Sade est simplement oublié. Pourtant, ô combien cet homme su sonder la profondeur de nos âmes.

Au travers de scènes savantes, comme pour illustrer son raisonnement, le Marquis de Sade démontre l'impuissance de la morale (judéo-chrétienne en l'occurrence) devant la puissance du désir. Sans gêne, il léve la jupe de la condition humaine pour nous la peindre sans firoritures. Les agents de la vertu, prêtres, évêques, et autres messagers de dieux endossent leur vrai costume. Les tenanciers du pouvoir sont mis à nu. Soldats de dieux, notables, tous ceux qui proclament le respect de la démocratie et la défense de ses valeurs, sont, sous la plume du Marquis, des monstres se vautrant délicieusement dans le vice... Rien de nouveau, car nous avons aussi nos philistins : Dassault, Lagardére, Bouygues et compère... sans oublier nos religieux lubriques qui batiffolent. Je rappelle une affaire qui concerne le pape actuel, Benoît XVI, qui fut accusé d'avoir étouffé des affaires de pédophilie dans son diocèse, dont il à été responsable de 1978 à 2006. Heureusement, George Bush lui a offert l'immunité pour éviter qu'il réponde de ses crimes, ouffff...

"Je bande à faire le mal...
" dit Durcet l'évêque, soutenant l'idée que l'on jouit plus de la misère que du bonheur des autres; il poursuit en ces mots: "ce n'est pas dans la jouissance que consiste le bonheur, c'est dans le désir, c'est à briser les freins qu'on oppose à ce désir (...) il manque sel
on moi une chose essentielle à notre bonheur: c'est le plaisir de la comparaison, plaisir qui ne peut naître que du spectacle des malheureux...". Des ouvrages corossifs, explosifs, écrits au rythme d'un ébat amoureux : de doux vacillement, quelques morçures au cou, piquants, agressifs, parfois violents... et graduellement, le geste prend de l'assurance, la cadence s'accélère...


Tant que la morale sera simplifiée par une dialectique du bien et du mal, propagée et garan
tie par les églises, les romans de Sade resteront d'actualités. La décadence de nos sociétés occidentales n'est pas une opinion, mais un fait. Alors, faisons nous les défenseurs de l'intolérance, allons chier dans la gueule de ces sophistes qui nous répètent solennellement : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais", car pendant ce temps, nos enfants (tous), continuent à courir sous le préau de l'ignorance religieuse. En effet... Que l'idéologie dominante ait pour culte un dieu ou un objet marchand (Marx parlait déja d"objet investie de pouvoir magique") la mécanique est la même...

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